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Comme promis lors de la cérémonie des vœux, le maire, Olivier Curel, et son équipe ont organisé une réunion publique sur la sécurité et la prévention dans la ville d’Apt, salle des fêtes le mercredi 4 juillet.
Deux cents personnes étaient présentes dans la salle et côté tribune le sous-préfet de l’arrondissement, le procureur de la République d’Avignon, le conseiller général du canton d’Apt, les représentants de la gendarmerie et un spécialiste de la vidéo-protection. Le maire a rappelé les objectifs de ces rencontres citoyennes et présenté la synthèse de l’enquête réalisée en novembre 2011 sur le « sentiment d’insécurité » dans la ville. Ensuite, chaque invité est intervenu sur son champ de compétences.
POLICE MUNICIPALE
Richard Jean a donné les caractéristiques du territoire de la commune, présenté le service de police municipale d’Apt et rappelé le rôle du maire : il participe à l’exercice des missions de sécurité publique et de prévention de la délinquance ; il est chargé de la police municipale et de la police rurale qui recouvrent le bon ordre, la sûreté, la sécurité et la salubrité publiques.
Les principales missions des agents de la police municipale sont :
Interventions en cas de troubles.
Actions de police de proximité.
Opérations tranquillité vacances.
Surveillance générale des voies publiques et des bâtiments publics.
Surveillance nocturne en collaboration avec la gendarmerie.
Surveillance des rassemblements et manifestations (marchés, foires, fêtes, cérémonies, spectacles, compétitions, vide-greniers...)
Contrôle des opérations funéraires
Lutte contre l’insalubrité (divagation, déjections et dépôts illégaux…),
les infractions au stationnement, les logements indécents, les chiens dangereux...
Contrôle de l’occupations du domaine public, des autorisations de travaux, de la publicité...
Prévention routière : contrôle de vitesse en agglomération, intervention en milieu scolaire...
Mise en œuvre des mesures de sécurité civile.
Dans les mois qui viennent :
Une brigade de nuit va être créée le 1er septembre.
Les rues piétonnes vont être sécurisées avec l’installation de bornes rétractables (première rue des Marchands, les suivantes à partir d’octobre).
Création d’un règlement intérieur pour le jardin public, après les travaux de rénovation.
Application d’un règlement de voirie.
PÔLE PREVENTION
Frédéric Labesa a présenté le pôle prévention. Depuis la création du service il y a dix mois, le service assure une présence sociale dans tous les quartiers et accompagne la jeunesse. Au 4 juillet 2012 :
202 suivis dont 31 accompagnements professionnels et 100 interventions
pour incivilités, médiation, prévention et socialisation.
Aide à la recherche d’emploi, de formation, ou pour un retour à la
scolarisation, en orientant vers des partenaires locaux (mission locale,
ANPEP, Pôle Emploi, Education nationale…)
Travail avec les partenaires locaux et les familles.
Lutte contre le sentiment de rejet que vivent certains jeunes.
Médiation et gestion des conflits de voisinage
(19 interventions).
Le pôle prévention travaille avec le service animation jeunesse et le service scolaire de la mairie, avec la cité scolaire pour :
Créer un lien avec les enfants et leurs parents et détecter les situations de rupture.
Découvrir les comportements violents ou les incivilités dans les écoles primaires.
Créer et maintenir le lien avec les collégiens, en relation avec leurs enseignants.
Une expérience de théâtre forum a été conduite dans les écoles primaires en avril dernier. Le théâtre-forum propose aux élèves des saynètes en lien avec certaines situations qu’ils peuvent vivre (moquerie, chantage, violence, peur, non-respect de l’autorité). Cela les fait réagir, leur permet de prendre la parole quant des événements ou des mots les ont choqués, ou s’ils souhaitent les voir modifiés par leur propre jeu de scène (lire notre page dans la gazette municipale de juillet 2012).
Le pôle prévention anime le Contrat local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) qui regroupe tous les partenaires locaux (CCAS, associations, comités de quartiers, commerçants...) et institutionnels (Etat, Justice, Conseils général et régional, gendarmerie, Education nationale…). L’objectif est d’agir collectivement et rapidement lorsque les situations à risque sont identifiées. Cinq groupes de travail ont été créés pour dynamiser et coordonner des actions de sécurité et de prévention de la délinquance.
LE RÔLE DU CONSEIL GENERAL
Pierre Boyer a présenté le rôle du Département pour l’aide à l’enfance en difficulté et aux associations engagées dans le social. Il a souligné le travail en réseau avec les services sociaux des collectivités locales. Plus les informations circulent vite, plus les actions peuvent être efficaces.
GENDARMERIE : la délinquance pour les six premiers mois de 2012
Le colonel Roguier, responsable départemental de la gendarmerie, a donné les chiffres de la délinquance pour les six premiers mois de 2012 et les a comparés à ceux du même semestre 2011.
LE PROCUREUR : « Ne pas laisser se développer le sentiment d’impunité »
Le procureur de la république a rappelé le rôle fondamental de la justice, qui est un service public pour tous. Cela permet de ne pas laisser se développer le « sentiment d’impunité » ou « d’insécurité » ressenti par la population. Tout sentiment véhicule en effet l’irrationnel directement nourri par la perception des évènements. Cet irrationnel peut nous emmener loin de la réalité et des faits avérés.
« Le tissu social est fragilisé par l’égoïsme, les comportements consuméristes et les problèmes économiques. Le traitement des incivilités, des délits et des crimes nécessite pourtant plus que jamais une réponse collective pour trouver des solutions durables. On peut mettre quelqu’un en prison un an, deux ans, voire plus, mais il ne faut pas oublier qu’il sortira un jour... Une des pistes est, par exemple, d’ouvrir des postes de travail d’intérêt général plutôt que d’envoyer en prison. En effet, les délinquants sont souvent sortis très vite du système scolaire, sans aucune formation professionnelle. »
La peine infligée au délinquant doit être juste. Elle ne peut d’abord être entachée d’erreurs devant la loi et doit être comprise par la victime, la société et le responsable de l’infraction. Mais pas seulement. Elle doit prendre en compte autant l’histoire du délinquant que l’évolution de la société. Elle doit aussi pousser à élargir l’éventail des peines, pour trouver une solution permettant à toutes les parties de se projeter dans l’avenir.
Les trois causes de la délinquance sont :
Le rapport affectif parents/enfants : un enfant privé d’affection aura souvent tendance, devenu adulte, à être violent.
Le rapport à l’autorité : le refus d’un cadre et de règles conduit à la marginalisation.
Le rapport à l’éducation : sans éducation un enfant, un jeune, ne peuvent se projeter dans l’avenir.
Une majorité des délinquants cumulent ces handicaps.
LE SOUS-PREFET : « La sécurité est affaire de spécialistes »
Le sous-préfet a appelé de ses vœux un retour aux fondamentaux : « la sécurité est affaire de spécialistes. L’insécurité prospère sur un bruit de fond entretenu par des médias à la recherche d’audience. L’intérêt de débats comme celui de ce soir nous aide à faire un diagnostic et à envisager des solutions où prévention et répression peuvent s’adapter pour plus d’efficacité. »
LA VIDEO-PROTECTION
Enfin, Eric Chalumeau replaça la vidéo-protection dans son contexte. Seule une politique de prévention et de sécurité globale et partenariale peut réussir sur le long terme. L’insécurité est un fléau social aux nombreuses dimensions. La vidéo-protection est un des outils possibles. La vidéo-protection est une chaîne d’outils et de compétences qui ne se limitent pas à l’enregistrement d’images. Elle est donc coûteuse, doit s’adapter à la situation locale (de grands espaces sont plus adaptés) et doit trouver un équilibre entre sécurité et liberté. La vidéo-protection n’agit pas sur les causes de la délinquance, ne peut se substituer aux actions de proximité et n’a pas les mêmes fonctions de contrôle social selon les lieux.
La vidéo-protection : Points forts
Forte adhésion du public
Partenariat Etat-commune
Meilleure gestion de l’insécurité
Soutien aux agents de la collectivité sur le terrain
Impact préventif important, à l’exception des lieux complexes
Elucidation des crimes et délits
Outils évolutifs
La vidéo-protection : Points faibles
Droit à l’image des citoyens
Pas d’action sur les causes de la délinquance
Sujet qui divise l’opinion
Complexité des projets d’installation
Transferts de délinquance fréquents
Coûts élevés
Réactivité indispensable de la chaîne prévention/répression
RAPPEL A L’ORDRE
Le maire, Olivier Curel, a signé avec le procureur de la République d’Avignon, Bernard Marchal, une convention de rappel à l’ordre. Cet outil institutionnel relève du pouvoir du maire et coordonne les actions avec la Justice. Suite à des incivilités, la personne responsable est convoquée solennellement en mairie, en présence du maire, de représentants de la Justice, des forces de l’ordre et de l’Education nationale. Il lui est rappelé les règles de vie commune en société. Cette action a pour but de marquer l’esprit de la personne qui n’a pas encore basculé dans la délinquance d’habitude. Le « rappel à l’ordre » ne peut s’appliquer pour des faits relevant du champ pénal.
ECHANGE AVEC LE PUBLIC
Les différents intervenants ont ensuite répondu aux questions du public. Les personnes qui ont pris la parole ont constaté un apaisement dans la ville depuis l’an dernier.
CONCLUSION « Les actions réalisées depuis 2008 et nos priorités »
En conclusion de la réunion, Olivier Curel a fait un rapide résumé des actions conduites par l’équipe municipale depuis 2008 et a donné ses priorités pour l’avenir.
« ’’Le mieux vivre ensemble’’, nous en parlions déjà pendant la campagne électorale de 2008. C’était pour nous l’expression adaptée à notre ambition pour notre territoire ! Il n’y a pas de meilleure solution que l’écoute et le dialogue et pas de pire que le repli sur soi.
Nous avons travaillé à renouer les liens avec toutes les associations, avons aidé à créer des comités de quartiers. Il y 56 clubs qui regroupent 12 000 sportifs du territoire. Nous soutenons les accueils maternels, les clubs jeunes, les centres de loisirs.. Tous ces jeunes qui apprennent à vivre ensemble en garderont quelque chose dans leur vie d’adulte.
Nous travaillons aussi à investir l’espace public avec les projets culturels et festifs. Nous aidons le groupement commercial et les associations à animer la ville. Nous installons des bornes pour sécuriser les rues piétonnes. Une brigade de nuit va entrer en service pour apporter une réponse aux incivilités et à la délinquance nocturnes. Nous rénovons le bâti avec l’OPAH. Une ville propre et bien éclairée fait aussi baisser ce sentiment d’insécurité. Nous demandons à chacun de faire des efforts en matière de propreté, de stationnement, de respect des règles de circulation. Les incivilités sont l’affaire de tous !
En matière de sécurité, les compétences du maire d’Apt sont strictement encadrées par la loi : il a la responsabilité de la tranquillité publique, mais la lutte contre la délinquance est du ressort de la gendarmerie et de l’autorité judiciaire.
Le maire est aussi le président du Comité local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD). A ce titre, il doit définir les axes de la politique de prévention.
Nos axes d’action sont donc les suivants :
Renforcer le partenariat opérationnel avec la gendarmerie et la justice. Poursuivre l’action avec le procureur de la République pour combattre le « sentiment d’impunité », véritable poison dans la ville. Apt pourrait-elle bénéficier d’un délégué du procureur ?
Fixer des actions prioritaires au CLSPD : prévention des cambriolages, respect des civilités dans l’espace public, lutte contre les nuisances nocturnes.
Etudier la vidéo-protection avec transparence : composer un groupe de travail présidé par une personnalité incontestable, lancer un appel d’offre pour la réalisation d’une étude d’opportunité sur la nécessité de la vidéo-protection (avec un cofinancement de l’Etat), et en restituer les conclusions en réunion publique aux Aptésiens pendant le premier semestre 2013. »
Olivier Curel maire d’Apt
Les personnalités et spécialistes présents
André Carava, sous-préfet de l’arrondissement d’Apt
Bernard Marchal, procureur de la République d’Avignon
Pierre Boyer, conseiller général du canton
Dominique Mariani-Vaux, conseiller municipal délégué à la police municipale
Richard Jean, responsable de la police municipale d’Apt
Frédéric Labesa, responsable du pôle prévention de la ville d’Apt
Arthur Macotta, adjoint du commandant de la compagnie de gendarmerie de Pertuis
Bruno Goyat, commandant de la brigade de gendarmerie d’Apt
M. Roguier, colonel, commandant du groupement de gendarmerie de Vaucluse
Eric Chalumeau, commissaire de police, spécialiste des questions de vidéo-protection
Ci-dessous l’enquête sur l’insécurité et le tableau des chiffres de la Gendarmerie